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Les 7 façons les plus courantes de rater une photo

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Vous l’avez certainement expérimenté vous-mêmes, il y a de nombreuses façons de rater une photo. Certains dirons aussi que c’est normal étant donné la quantité de réglages possibles sur un appareil, et ils auraient raison ! Eh bien, pour vous aider à y voir plus clair et savoir comment éviter ces erreurs, je vais vous donner les 7 façons les plus courantes de rater une photo. En vous les décrivant pour que vous puissiez les reconnaitre. Et en vous donnant la manière de les éviter sur le terrain.

Une fois que vous aurez compris ces erreurs et que vous saurez comment y remédier, vous aurez fait un pas supplémentaire dans votre apprentissage de la photographie.

1. Une vitesse d’obturation trop lente

Lorsqu’il y a moins de lumière dans la scène et que votre diaphragme n’est pas assez ouvert, la vitesse d’obturation tend à diminuer pour compenser ce manque de luminosité. Si vous avez une vitesse d’obturation trop lente, de l’ordre du 1/30s ou en dessous, vous risquez de rater une photo à cause du flou de bouger. En effet, à ces vitesses, le moindre petit mouvement de l’appareil génère un flou qui dégrade la netteté et le détail de votre image.

Une photo de fin de journée prise à main levée. La lumière étant très faible, l’appareil a choisi une vitesse trop lente pour éviter un flou de bouger. Il est bien visible sur l’image ci-dessus.

Comment éviter cette erreur

Pour éviter que la vitesse d’obturation ne soit trop lente, il y a plusieurs éléments de solution possibles. La quantité de lumière n’étant pas suffisante, une première solution sera d’ouvrir plus fort le diaphragme de l’objectif. S’il est déjà au maximum, vous pouvez augmenter la sensibilité ISO. Enfin, si ces deux options ne sont plus réalisables, il vous reste l’ajout dune source lumineuse supplémentaire. Tel qu’un flash par exemple. Dans certains cas, si une vitesse lente est désirée, le photographe favorisera simplement la solution du trépied. Cet outil l’aidera à stabiliser son appareil et à créer de jolies trainées de lumière.

En posant l’appareil, même en faible lumière, il est possible d’avoir de la netteté. Si le sujet n’est pas du paysage, vous pouvez utiliser une grande ouverture et/ou une sensibilité ISO plus importante.

2. Ouverture de diaphragme trop importante

Certains objectifs ont des ouvertures importantes qui se situent entre f/2.8 et f/1.2. C’est plus particulièrement le cas des objectifs à focale fixe. Quand ils sont utilisés à ces valeurs, la profondeur de champ est fortement réduite. Selon la distance par rapport au sujet, la zone de netteté peut d’autant plus se réduire. Il arrive donc que tous les détails de l’arrière-plan d’une scène soient trop flous. Ou pire, de rater une photo parce que le sujet n’est pas suffisamment net pour une bonne lecture de l’image.

Une profondeur de champ bien trop courte à cette distance du sujet. Cela cause une mise au point difficile et même loupée dans ce cas précis.

Comment éviter cette erreur

Vous le savez, l’ouverture du diaphragme a une influence directe sur la zone de netteté. Que l’on appelle aussi profondeur de champ. Selon le sujet à photographier, le photographe souhaite mettre en évidence une partie de l’image. Ou au contraire, il veut que tous les éléments soient visibles et reconnaissables. C’est donc avant de déclencher (et même de cadrer) qu’il faut définir et régler sa valeur d’ouverture. En fonction du résultat qu’il veut obtenir. Voici deux exemples concrets. En paysage, on voudra avoir le maximum de netteté, on augmentera donc la valeur d’ouverture à f/11, f/16 voir f/22 pour étendre la profondeur de champ. En contre partie, si c’est du portrait que vous réalisé, il faut utiliser les grandes ouvertures (petites valeurs f/2.8 ou f/1.4 par exemple). Mais attention de ne pas trop ouvrir, au risque de perdre un des deux yeux dans le flou. Si vous vous rapprocher, pensez à fermer un tant soit peu, f/4 selon la longueur focale utilisée.

Pour ce portrait, la profondeur de champ est courte (f/1.8) mais suffisamment étendue à cette distance pour intégrer les yeux et une partie du visage.

3. Un mode autofocus inadapté

Un autre erreur récurrente chez les débutants est le réglage du mode autofocus. Souvent, il est bloqué sur automatique (AF-A ou AI-Focus), laissant libre choix à l’appareil de faire la mise au point où bon lui semble et quand il le veut. Plus particulièrement si vous photographiez un sujet en mouvement ou des enfants en train de jouer. Si le mode autofocus n’est pas correctement choisi, vous pouvez rater une photo parce que vous ne parvenez pas à obtenir la netteté au bon endroit. Il arrive même que pendant que vous prenez toute la petite famille en photo devant le plus beau monument de la ville, un bus touristique passe derrière eux et que la mise au point se fasse sur lui à votre plus grand désarroi.

La mise au point a été faite sur l’arrière-plan, le collimateur n’étant pas sur le sujet.

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Comment éviter cette erreur

Pour celle-ci, c’est assez simple, vous avez deux options. Faire une mise au point avec l’autofocus statique (AF-S ou One-Shot) ou avec l’autofocus dynamique ou continu (AF-C ou AI-Servo). Le premier, comme son nom l’indique est utilisé pour les sujets « statiques » ou lents alors que le deuxième est essentiellement utilisé pour les sujets en mouvement plus rapides et qui nécessitent que l’autofocus s’adapte continuellement. Il vous faut donc déterminer le type de sujet que vous souhaitez photographier et faire votre choix d’autofocus en conséquence avant de prendre vos photos (et ne plus jamais utiliser le mode automatique 😉 ). Positionnez alors le collimateur de votre appareil sur le sujet et faites votre mise au point. Vous ne devriez plus avoir de mauvaises surprises de ce côté-là.

Pour de la photo sportive, l’utilisation de l’autofocus continu permet de suivre le sujet tout au long de son mouvement.

4. Un collimateur mal placé

Justement, on parlait de collimateur avec l’autofocus dans le point précédent. En effet, choisir le bon mode autofocus est primordial, vous l’avez compris. Mais si par la suite vous ne vérifiez pas que votre collimateur est bien placé sur le sujet, c’est foutu aussi. Placez le collimateur ne fut-ce que un millimètre à côté de votre sujet et votre appareil fera la mise au point derrière (ou devant) votre sujet, rendant celui-ci complètement flou. Alors, si vous avez oublié de le vérifier et qu’il est à l’opposé parce que votre sujet était de l’autre côté sur la photo précédente, vous ne risquez pas d’avoir la photo à laquelle vous vous attendiez. Voir vous rater une photo… déception donc !

Le collimateur se trouvait à l’arrière, menant à une mise au point qui s’est faite sur le mur de la maison d’en face.

Comment éviter cette erreur

Vérifiez toujours vos collimateurs… Combien vous en avez, où ils sont placés et si leur position est adaptée à la photo que vous voulez prendre. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez encore le déplacer et avoir la meilleure configuration en fonction du sujet que vous allez capturer. Comment ? En le déplaçant à l’aide de la touche multidirectionnelle ou le bouton prévu à cet effet. Dans le doute, vous pouvez aussi simplement le mettre au centre pour toujours savoir où le trouver et recadrer lors de la prise de vue.

En prenant le temps de vérifier la position du collimateur et en le plaçant sur le sujet (ici l’appareil photo), la mise au point s’est faite correctement et au bon endroit.

5. Une mauvaise mesure de lumière

La mesure de lumière est une fonction qu’il faut un peu de temps pour maîtriser. Mais avec un peu de patience et de pratique ça devient un reflex. Le problème de la mesure de lumière est qu’il existe différents modes. Selon les marques et les modèles, il y en a tellement, qu’il devient même parfois facile de se mélanger les pinceaux (bon j’exagère un peu). Quoi qu’il en soit, faire un mauvais choix de réglage peut mener à la catastrophe. Il arrive souvent que le photographe opte pour la mesure matricielle, mesure qui fait la moyenne des parties sombres et claires sur la zone cadrée. Ce qui est un bon choix en soi. Seulement, arrive le jour où se présente un contre jour et là, ça ne loupe pas, le sujet et totalement dans l’ombre et irrécupérable. C’est dommage de rater une photo pour « si peu ».

La mesure de lumière matricielle a généré une photo fort sombre dû au contre-jour de cette belle soirée d’été.

Comme éviter cette erreur

Il faut savoir que la mesure de lumière matricielle (évaluative ou multizone selon les marques) est la mesure qui fonctionne le mieux dans la plupart des situations. Seulement, il arrive que la zone cadrée comporte plus de parties claires que de parties sombre (le cas du contre-jour) ou l’inverse. Et là, la moyenne ne fonctionne plus. Menant alors à une photo sous-exposée ou surexposée selon les cas. Dans ces cas-là, il est judicieux de passer en mode de mesure Spot. La mesure de lumière se fait alors de manière ponctuelle sur le collimateur et peut-être mémorisée au besoin grâce au bouton AE-L accessible avec le pouce. La mesure spot réalisée en plaçant le collimateur pile à l’endroit que l’on souhaite exposer correctement est le meilleur moyen d’obtenir le résultat désiré dans les situations particulières.

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En modifiant les réglage et en choisissant la mesure spot, le résultat est beaucoup plus lumineux et réussi que précédemment.

6. Un sujet difficile à lire

En général, ce qui fait qu’une photo est bonne, c’est le fait qu’elle soit lisible par tout un chacun, que le sujet puisse être déterminé et reconnu rapidement. Il y dans les premières photos que nous faisons tous au départ, un côté fouillis. Où est le sujet ? Tiens et ça c’est quoi ? … Il est parfois perdu dans l’image, trop centré, trop petit ou peu mis en valeur. D’autres fois, c’est l’éclairage qui n’est pas adapté, ne permettant pas de bien voir le sujet ou de le reconnaître. Bref, un sujet dans la photo c’est la chose indispensable, il doit être présent comme le nez au milieu du visage. Pouvoir aisément lire la photo est donc primordial.

Quel que soit le sujet, s’il est noyé dans un environnement trop présent, il sera plus difficile à lire. Ici le ton sur ton accentue cette difficulté.

Comment éviter cette erreur

Il y a de nombreuses astuces pour ne plus rater une photo en la rendant plus lisible et compréhensible. Tout d’abord, la simplicité. Veillez à limiter le nombre de sujets principaux à un ou deux maximum. Sauf s’ils renforcent l’idée de votre photo. Ensuite, mettez le sujet en valeur, montrez son plus beau côté, sa plus belle face. Faites en sorte qu’on ne voit que lui. Épurez son environnement, évitez tout ce qui n’est pas nécessaire. Choisissez la meilleure lumière, celle qui le mettra en évidence. Enfin, remplissez le cadre, ne laissez pas trop d’espace autour de lui. Voilà une série d’éléments à prendre en compte si vous voulez obtenir des photos qui captent.

Si l’environnement est vide, uni, contrasté, le sujet est bien mis en évidence. Moins il y a d’éléments, plus la lecture est aisée et directe.

7. Trop d’éléments (perturbateurs)

Un peu à l’image du point précédent, il arrive qu’une photo soit remplie de petits éléments perturbateurs. Des personnes inconnues bien sûr, mais aussi des objets comme des poubelles ou des panneaux de signalisation. Il arrive que certains déchets ou papiers jonchent le sol attirant le regard du lecteur alors que ce n’est pas le but de la photo. Les éléments perturbateurs peuvent également être des zones très lumineuses ou des reflets de lumière. Mais ce peut également être des zones d’ombres très présentes et qui captent le regard plus qu’elles ne le devraient.

Cette image comprend énormément d’éléments perturbateurs, des visages, des t-shirts de couleurs vives et saturées, de quoi attirer l’œil. On ne repère d’ailleurs pas directement le rapace qui survole les gens.

Comment éviter cette erreur

Au moment du cadrage, il est indispensable de jeter un œil dans le viseur et balayer le cadre (avec le regard hein ! :-p ) pour voir s’il n’y a pas toutes sortes de choses perturbantes et inutiles qui pourraient être visibles et vous faire rater une photo. Si c’est le cas, déplacez-vous autour de votre sujet de manière à les faire sortir du cadre ou à disparaître derrière celui-ci. Voyez si vous ne pouvez pas simplement les retirer avant de prendre la photo, comme pour des morceaux de papiers ou autres emballages. Si vraiment, il vous est impossible d’obtenir un environnement sobre et propre, envisagez de changer d’endroit. Vos photos (et vos lecteurs) vous remercieront 😉 .

Dans certains cas, comme pour l’exemple précédent, il est difficile de déplacer ou faire disparaitre les éléments perturbateurs. La dernière solution est de changer d’angle de vue ou de cadrage, comme ici où l’oiseau a été pris en étant de l’autre côté du site.

Normalement avec ces 7 principales manières de rater une photo, vous devriez avoir fait le tour. J’espère vous avoir éclairé sur la façon de corriger le tir et ne plus rater vos photos 🙂 . S’il y a d’autres situations pour lesquelles vous rater des photos, n’hésitez à me le mettre dans les commentaires sous cet article, je me ferai un plaisir de vous répondre. Pensez aussi à partager et diffuser cet article (et les autres 😉 ) Je suis sûr que certains seront ravis.

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2 commentaires
  1. Répondre

    Photographe à Bruxelles

    Génial! Attention, des fois la maladresse ou erreur technique apporte un plus inattendu. 😉

    • Répondre

      Florent

      Merci Kristjian 🙂
      Effectivement, le hasard, la chance et les erreurs peuvent parfois donner de belles surprises 😉
      Au plaisir

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Florent Letertre
Belgique

Photographe et formateur passionné. Autodidacte à mes débuts en 2008, j’ai depuis suivi de nombreuses formations et réalisé pas mal de projets et de reportages dans différents domaines de la photo. Mais cette passion me fait continuellement découvrir de nouvelles choses excitantes. J’ai créé ce blog pour partager mes découvertes et mes expériences avec vous et vous aider à dépasser les difficultés, évoluer ensemble et progressivement, si vous le souhaitez. Vous me découvrez ? Faisons connaissance…

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