Les différents types de flou et comment les éviter

Les différents types de flou et comment les éviter

En photographie, s’il y a bien une chose que l’on cherche à éviter, c’est que le sujet principal soit flou… oui mais pas toujours ! C’est en partie vrai, car un sujet flou perd une grande partie de son intérêt ou de son importance. Mais le flou peut également être quelque chose de recherché par le photographe. Le flou permet par exemple de mettre en évidence le sujet lorsqu’il est utilisé pour faire disparaître un arrière-plan trop chargé. Mais il peut aussi donner un côté mystérieux à une image si on le gère correctement.

Vous l’aurez compris, le flou est un sujet à part entière, qui peut parfois s’avérer complexe. Dans cet article, je vais surtout vous présenter les 4 différents types de flou de manière simple et vous expliquer comment on peut les contrôler. La bonne nouvelle est que chacun de ces flous peut être évité (ou provoqué) assez facilement. Bien sûr, comme nous allons le voir, ils sont différents et ils ont donc des caractéristiques qui leur sont propres.

1. Le Flou de Bougé

Le flou de bougé est le flou qui est le plus couramment rencontré par les débutants. Vous le reconnaitrez assez facilement sur vos photos. Il est causé par un mouvement de l’appareil durant le déclenchement de l’obturateur. Même un micro mouvement sera perceptible sur vos images. En général, une faible vitesse d’obturation augmentera les probabilités d’obtenir un flou de bougé.

Vous pouvez voir un manque de netteté sur cette image. Il y a eu un micro-mouvement de l’appareil au moment du déclenchement.

Et si on veut l’éviter, on fait comment ?

Le flou de bougé est sans doute le flou le plus facile à gérer et à résoudre. Il y a deux choses à prendre en compte. La première chose est de maintenir votre appareil le plus stable possible durant le déclenchement à la prise de vues. Pour cela, soyez vigilant à ne pas faire bouger le boîtier lorsque vous poussez sur le déclencheur. En posant vos coudes sur votre buste ou en prenant appui sur une table ou un mur pour plus de stabilité.

Ensuite, la seconde, vérifiez toujours que votre vitesse d’obturation est suffisante. Plus la vitesse d’obturation sera petite, plus vous risquez le flou de bougé. Sous les vitesses de l’ordre du 1/30 ou 1/60 de seconde, il vous faudra utiliser un trépied pour maintenir l’appareil stable durant la prise de vues. Pour les photos en pose longue, relever le miroir de votre reflex est une technique utile pour réduire encore ce risque, comme je vous l’expliquais dans l’article 12 trucs de pro pour des photos vraiment nettes. Cette astuce ne s’applique pas au hybride qui n’ont pas de miroir.

2. Le Flou de Mise au Point

Lorsque prenez vos photos, vous choisissez un sujet et vous faites la mise au point sur lui. Il arrive cependant que vos photos soient totalement floues ou qu’une autre partie de la photo que celle que vous avez choisie soit nette. Cela est souvent dû à une mise au point faite au mauvais endroit. Pour deux raisons. Soit votre mode autofocus n’est pas correctement réglé, par exemple mis en automatique, l’appareil choisira le sujet qu’il veut sans tenir compte de votre avis.

L’autre possibilité de rater sa mise au point et avoir son sujet flou, c’est lorsque l’on ne vérifie pas l’emplacement de notre collimateur. Le collimateur étant l’endroit de votre viseur où l’appareil fera la mise au point, si celui-ci est décalé, l’appareil pourrait faire la netteté sur un autre endroit ou objet. Comme le montre l’image ci-dessous. Le petit garçon est totalement flou et la netteté se trouve au niveau du divan.

Exemple d’un flou de mise au point. Le collimateur était probablement mal placé.

Et si on veut l’éviter…

Comme je l’ai mentionné plus haut, il y a deux choses à vérifier pour éviter les erreurs de mise au point de votre appareil qui mène à ce type de flou. La première est le réglage de votre autofocus. Pour le choix de zone AF, favorisez le point sélectif (ou collimateur). Concernant le mode AF, préférez le mode Statique (AF-S/OneShot) sauf en cas de sujet en mouvement pour lequel le meilleur réglage de mode AF sera le mode Continu (AF-C/AI Servo). Enfin, faite en sorte que le collimateur reste bien sur le sujet principal de votre photo.

3. Le Flou de Profondeur de Champ

Comme vous le savez, la profondeur de champ, aussi appelée zone de netteté varie en fonction de l’ouverture du diaphragme de l’objectif de votre appareil photo. Plus vous ouvrez, petites valeurs (f/1.8, f/1.4,…), plus cette zone sera étroite et plus vous aurez un flou important à l’arrière-plan (ET à l’avant-plan).

Dans certaines situation, on ne souhaitera pas avoir de zones floues. C’est le cas entre autres en photographie de rue ou de paysage. Mais dans beaucoup d’autres cas, vous souhaitez mettre une partie de la scène en évidence en l’isolant de l’arrière-plan. Pour cela, on peut utiliser le flou de profondeur de champ ou flou d’arrière-plan.

Sur ce portrait, on peut voir que le fond est flou ce qui permet de mettre le modèle en évidence. © Image Florent Letertre Photography

Et si on veut l’éviter…

Pour éviter ce type de flou, la seule solution est de fermer le diaphragme, en choisissant des valeurs d’ouverture plus importante (f/8, f/11, f/16,…). Plus vous fermerez, plus votre zone de netteté sera étendue et moins vous aurez de flou. Attention à la distance par rapport au sujet également.

Par exemple, en portrait, si vous travaillez comme moi entre f/2.2 et f/1.8, lorsque vous êtes plus près de votre modèle et qu’il tourne la tête, vous risquez de ne pas avoir les deux yeux nets. La seule solution est de fermer à f/4 ou plus pour inclure les deux yeux dans la zone de netteté.

4. Le Flou de Mouvement

Le flou de mouvement, aussi appelé flou de vitesse, est créé lors d’une pose plus longue lorsque le sujet est en action. Pour cela, l’appareil doit être réglé sur une vitesse d’obturation plus lente pour permettre de capturer ce mouvement. Deux configurations sont possibles. La première sera d’avoir un sujet flou dans un environnement net. Pour cela, on stabilisera l’appareil photo sur un trépied. C’est le cas des pose longue en général, comme le montre l’image ci-dessous.

Cette photo est une pose longue. On voit que tout est net, excepté les deux escalators
qui sont flous de par leur mouvement. © Image Florent Letertre Photography

La deuxième configuration est celle où c’est l’appareil qui va bouger de façon importante pour créer un effet de mouvement. C’est ce qu’on appelle un filé. Cette technique permet de renforcer l’impression de mouvement pour une véhicule par exemple, comme vous pouvez le voir avec l’image ci-dessous.

Filé d’un véhicule qui se déplace en ville. © Image Florent Letertre Photography

Et si on veut l’éviter…

Ici tout dépend de ce que l’on désire comme résultat. En général, le flou de mouvement est choisi. Le photographe décide de l’utiliser. Donc, si vous respectez les trois points qui précédent, vous ne devriez pas produire de flou de vitesse sans l’avoir choisi 🙂

D’ailleurs, le flou de mouvement est celui qui est le plus utilisé pour des photos créatives. Comme je le disais plus haut, il permet de faire tous les types de photos en pose longue, de jour, de nuit mais également les filés, dont les filés d’arbres. Je vous mets deux autres images qui illustrent le flou de mouvement créatif.

5. Et le flou virtuel, alors ?

Certains me diront qu’on peut aussi ajouter du flou sur n’importe quelle photo grâce à Photoshop. Et ils ont raison… Alors pourquoi je ne détaille ici que des flous « réels » créés à la prise de vue. Eh bien, je ne parle pas du flou virtuel, créé en post-traitement dans des logiciels du type Photoshop pour la simple raison que je ne le fait jamais. Je trouve ces flous trop artificiels. Ils n’ont pas de profondeur, sont souvent assez mal faits et visibles au premier coup d’œil pour un photographe averti.

De plus, pourquoi faire virtuellement quelque chose qui peut être fait dès la prise de vues ? Je réponds toujours aux photographes qui me demandent conseils : « Prenez le temps de bien réaliser vos photos au départ, c’est tout ce que vous ne devrez pas corriger au développement » 😉 .

Conclusion

Le flou n’est pas toujours mauvais, il peut même parfois être un plus… Est-ce qu’après ces quelques lignes, vous trouvez encore le flou compliqué ? N’hésitez pas à mettre cela en pratique pour vous rendre compte des possibilités par vous-mêmes. Si ça vous semble encore totalement flou (désolé je n’ai pas pu résister), relisez cet article et regardez les exemples et comparer ce que vous voyez avec vos photos.

Je conclus donc cet article en vous disant qu’une fois les 4 types de flous maîtrisés, vous serez à même de les gérer et les utiliser à votre avantage. Savoir les reconnaître, savoir comment les éviter ou comment les réaliser pour être créatif. Le flou est un merveilleux outil de créativité pour le photographe… amusez-vous !

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